En pratique

Allons y étape par étape. Tout d’abord, vous devez noyer vos blaireaux (sic) dans un petit bol d’eau chaude pendant quelques minutes. Profitez-en pour vous laver les dents ou prendre votre douche. Ensuite, la première étape technique vous attend, il s’agit de faire monter la mousse. Eh oui, le blaireau ne s’utilise pas avec ces vilaines bombes de rasage aérosols. Vous utilisez désormais au choix de la crème à raser ou bien un savon de rasage. Personnellement, j’utilise de la crème à raser. Apprendre à monter une mousse correcte prend plusieurs semaines voir plusieurs mois, mais vous gagnez encore en technicité plus d’un an après. Une seule noix de crème suffit à faire monter la mousse. Le bol doit être légèrement humide, votre blaireau doit être doucement secoué deux ou trois fois pour rester humide également.

Ensuite, un mouvement autant harmonieux qu’inventif doit vous permettre de monter la mousse dans le bol. Ne vous attendez pas à une mousse épaisse et compacte comme celle qui sortait de vos bombes aérosols. Une bonne mousse ne doit pas couler sur la peau, mais doit être assez facile à étaler sur la peau. Le blaireau vous permet d’étaler la mousse sur vos joues sans vous salir les mains, ce qui est très appréciable, et vous permet de répondre au téléphone, voir de passer des coups de fils lorsque vous aurez acquis assez d’assurance dans le mouvement du rasoir. Vous devez généreusement balayer vos joues dans tous les sens, les passages à rebrousse-poil permettent de bien soulever ce dernier et de faciliter sa coupe.

Vient ensuite l’utilisation du rasoir. J’ai l’habitude de changer de lame tous les quatre à huit rasages, c’est beaucoup diront peut-être certains, mais j’aime bien quand les lames sont un peu usées, la première fois, je trouve la lame toujours un peu brute. Avec le rasoir de sécurité, vous pouvez couper une barbe de trois jours et plus sans bourrer votre rasoir, il suffit de passer la lame sous un filet d’eau pour éliminer les poils qui y sont coincés. Un rasage "de base" se fait en deux étapes : au premier passage, vous passez la lame dans le sens des poils. Au deuxième passage, vous faites les finitions (autour du nez, le bouc et quelques zones oubliées). Lorsque vous aurez acquis assez d’expérience pour que les deux premières étapes se passent bien, la troisième étape permet de vous faire une peau de bébé en passant le rasoir en biais par rapport au sens du poil, voir carrément à contresens. Cette troisième étape signifie un passage supplémentaire de la lame sur votre peau, il est nécessaire que la peau n’ait pas été malmenée aux deux étapes précédentes pour pouvoir se faire.

Une fois la maîtrise du double edge acquise, les plus ambitieux d’entre vous sentirons le besoin de passer au coupe-chou. Aussi appelé sabre, il s’agit d’une lame fixe qui se replie dans son manche. C’était la seule solution pour se raser avant l’arrivée du double edge. L’utilisation du coupe-chou ne peut souffrir d’aucune approximation, un geste maladroit peut être terrible de conséquences. Personnellement, je m’en tiens au double edge.

Notez que le rasoir de sécurité est économique (moins d’un euro les dix lames) et écologie (il n’y a pas de plastique à jeter, tout juste une mince lame d’acier recyclable).